Chaque année en France, plus d’une centaine de femmes sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Derrière ces chiffres, il y a des violences annoncées, des plaintes déposées, des signalements ignorés ou noyés dans des tribunaux saturés. La réponse de La France insoumise ne se contente pas de promettre plus de répression dans l’abstrait : elle propose un ensemble de mesures concrètes pour protéger les femmes, prévenir les passages à l’acte meurtrier et réduire la récidive.
Une justice spécialisée pour intervenir avant le drame
Aujourd’hui, beaucoup de féminicides surviennent après des mois ou des années de violences connues : plaintes déposées, mains courantes, signalements à l’école, à l’hôpital, au travail. Mais ces signaux sont souvent dispersés, mal suivis, ou noyés dans des tribunaux surchargés.
La France insoumise propose :
- La création d’une juridiction spécialisée pour les violences sexistes et sexuelles, avec un tribunal correctionnel et une cour criminelle spécialisés dans chaque tribunal judiciaire et cour d’appel.[lcp][lemonde]
- Des magistrat·es, greffier·ères et personnels spécialement formé·es à ces dossiers, ainsi qu’un procureur spécialisé chargé d’assurer une orientation cohérente des procédures.[lcp][melenchon2027]
- Dans chaque tribunal, un pôle judiciaire de lutte contre les discriminations et les violences intra-familiales, sexuelles et sexistes, avec des officier·es de police judiciaire spécialisé·es.[melenchon2027]
Concrètement, cela veut dire : chaque plainte pour violences conjugales, harcèlement, menaces ou agressions est traitée par des professionnel·les qui connaissent les mécanismes d’emprise et les cycles de violence. Les antécédents violents (violences psychologiques, menaces, précédentes condamnations) sont systématiquement pris en compte dans l’évaluation du danger. Les situations à haut risque sont identifiées plus tôt, et les mesures de protection (éloignement, bracelet anti-rapprochement, téléphone grave danger) sont mises en place avant le drame, pas après.[melenchon2027][conseil-etat][rm.coe]

Des moyens humains pour une justice plus rapide et plus cohérente
Les études montrent qu’une part importante des auteurs de violences conjugales sont en situation de récidive. En 2024, 22% des auteurs de violences sexuelles au sein du couple étaient en état de récidive. Mais beaucoup de victimes renoncent à porter plainte ou se découragent face à des procédures interminables.
LFI propose :
- Le recrutement de 600 magistrat·es spécialisé·es dans les violences sexistes et sexuelles, pour réduire les délais et améliorer le suivi des dossiers.[lafranceinsoumise]
- Un renforcement des moyens de la police judiciaire et des instituts médico‑judiciaires (IMJ), pour mieux recueillir les preuves et protéger les victimes dès le dépôt de plainte.[lafranceinsoumise]
- Une nouvelle loi de programmation pluriannuelle pour augmenter nettement le budget de la justice et se rapprocher du niveau des principaux pays de l’Union européenne.[melenchon2027]
Quand la justice répond vite, de manière cohérente et appliquée, l’impunité de fait recule, et le risque de récidive diminue. Les peines sont mieux adaptées au profil de l’auteur et au niveau de dangerosité, avec un suivi réel de l’exécution des condamnations. Les mesures de protection (ordonnances, interdictions de contact, bracelets) sont mieux appliquées, avec un suivi humain et technique.[melenchon2027][conseil-etat][rm.coe]
Prendre en charge les auteurs, pas seulement les punir
La réponse pénale seule ne suffit pas. En France, des programmes de prévention de la récidive existent déjà (REFLECTO VIF, ALTERNA’VIF, PAVIF), mais ils ne touchent qu’une minorité d’auteurs. En 2024, seuls 5 187 auteurs de violences intrafamiliales (8,8% des personnes suivies) ont bénéficié d’une prise en charge collective dédiée.[rm.coe]
La solution insoumise, c’est :
- Généraliser les parcours de prise en charge des hommes violents : groupes de parole, stages de responsabilisation, suivi psycho-social, intégrés au parcours judiciaire.[rm.coe][enap.justice]
- Rendre obligatoire une formation spécifique sur les violences conjugales, les violences sexuelles, la culture du viol et les mécanismes psycho-traumatiques pour tous les professionnel·les qui suivent les auteurs (juges, conseillers d’insertion, psychologues, travailleurs sociaux).[conseil-etat][rm.coe]
- Assurer un financement pérenne de ces dispositifs, pour qu’ils ne dépendent pas de crédits ponctuels.[lafranceinsoumise]
L’objectif n’est pas d’excuser les auteurs, mais de réduire concrètement le risque qu’ils recommencent, en travaillant sur les stéréotypes de genre, la gestion de la colère, la responsabilité et le respect du consentement.[rm.coe][enap.justice][shs.hal]
Donner aux victimes les moyens de partir = moins d’exposition au danger
Beaucoup d’agressions et de féminicides surviennent dans un contexte de séparation ou de tentative de départ. Les femmes restent souvent dans des situations dangereuses parce qu’elles n’ont pas les moyens de partir : pas de logement, pas de revenus, peur de perdre leur emploi, peur de se retrouver à la rue avec leurs enfants.
Avec les mesures insoumises :
- La création de nouveaux droits sociaux pour les salariées victimes de violences conjugales : congés spécifiques, protection de l’emploi, aménagements de poste, autorisations d’absence rémunérées pour les démarches judiciaires et médicales.[lemonde][melenchon2027]
- Un droit au logement abordable et digne, en interdisant les expulsions sans solution de relogement et en construisant massivement des logements sociaux, pour que quitter un conjoint violent ne signifie pas se retrouver à la rue.[lafranceinsoumise]
- Un financement à la hauteur des besoins des associations qui accompagnent les victimes : hébergement d’urgence, numéros d’écoute, accompagnement juridique et psychologique.[lafranceinsoumise]
Moins de femmes exposées au danger, c’est mécaniquement moins d’agressions et moins de féminicides.

Former tous les professionnel·les : changer la culture, pas juste les lois
Enfin, la prévention passe par la formation. Aujourd’hui, seul·e·s certain·es professionnel·les sont formé·es aux violences sexistes et sexuelles, et la qualité de la formation varie beaucoup.[conseil-etat]
La France insoumise propose :
- Une formation complète et obligatoire de tous les professionnel·les concerné·es : police, gendarmerie, justice, éducation nationale, personnels soignants, travailleurs sociaux.
- La sensibilisation dès l’école élémentaire au consentement, aux droits, à la connaissance du corps, avec des formations adaptées à l’âge.
- La création d’un Haut‑commissariat dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pour piloter une politique publique cohérente et évaluer les résultats.[lafranceinsoumise]
Avec une formation complète et obligatoire :
- Les professionnel·les apprennent à repérer les signaux faibles, à écouter sans juger, à orienter rapidement vers les bons dispositifs.[conseil-etat]
- La « culture du viol » et les stéréotypes de genre sont déconstruits, ce qui change la façon dont les victimes sont accueillies et crues.[conseil-etat][rm.coe]
- Les enfants sont sensibilisés dès l’école au consentement et aux droits, ce qui agit sur le long terme pour prévenir les violences de demain.
Sur le modèle espagnol, où des tribunaux spécialisés et une loi-cadre forte ont contribué à réduire significativement le taux de féminicides, la combinaison de ces mesures (justice spécialisée, moyens, formation, prise en charge des auteurs, droits sociaux) est ce qui permet de faire baisser à la fois les agressions et les récidives.[publicsenat]











